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Périnatalité et violences intrafamiliales

14 Sep

Le cycle autour de ce thème se clôturera avec un dernier rendez-vous programmé le 15 octobre prochain. Dans l’attente de celui-ci, il nous apparaît opportun de revenir sur les contenus partagés, débattus et mis en évidence jusqu’ici.

 

Si les participant·es aux rencontres « Périnatalité, parlons-en ! » ont choisi de travailler sur les violences intrafamiliales, c’est que cette problématique leur pose diverses difficultés lorsqu’ils et elles y sont confronté·es : difficulté de décoder des situations souvent complexes, d’informer les personnes de manière adaptée, d’orienter vers les acteurs et organismes pertinents en fonction du contexte ; difficulté d’aborder le cumul de plusieurs vulnérabilités et de relations de dépendance et/ou emprise avec l’auteur des violences ; etc.

 

 

En avril, Olista, le centre de prise en charge des violences intrafamiliales de la Région Bruxelles-Capitale, est intervenu pour ouvrir la discussion en balisant les enjeux importants puis en partageant quelques grilles de lecture et un ensemble de bonnes pratiques face à ces enjeux.

Les facteurs de risque identifiés par Olista sont de plusieurs natures : liés à la mère et/ou à son·sa partenaire, conjuguaux, psychosociaux ou encore obstétricaux. Sur base d’une vignette clinique présentant la situation d’une femme confrontée à un contexte de violence intrafamiliale marqué par une addition de problèmes, les participant·es ont mis en lumière plusieurs points d’attention majeurs : cerner l’emprise exercée sur la personne enceinte ; prendre en compte ce qui peut favoriser l’autonomie et l’indépendance de la personne enceinte, les ressources et leviers d’action à sa disposition ; prendre le temps de considérer ce que la personne souhaite et qui importe pour elle ; connaître les acteur·rices pertinent·es, leurs rôles et responsabilités au niveau du Bassin et au niveau régional.

Un ensemble de bonnes pratiques, partagées par Olista, ont ainsi pu être identifiées :

  • examiner le contrôle coercitif de l’auteur·e sur la victime (et non l’emprise ressentie par celle-ci) ;
  • objectiver la situation sur le plan psycho-médico-social et juridique (PMS+J) ;
  • distinguer les facteurs de risque évitables et non évitables ;
  • agir sur les éléments modifiables de la situation de la victime ou de l’auteur·e ;
  • prendre conscience qu’il existe plusieurs étapes dans l’accompagnement et la constitution d’un dossier médico-social (écouter-observer ; demander des explications sur les blessures ; évaluer la situation) ;
  • garder une trace de toutes les actions entreprises, y compris celles paraissant comme moins importantes ou ayant moins d’impact car elles peuvent se révéler décisives par la suite.

 

 

La rencontre de juin s’organisa autour d’un atelier baptisé « La Rivière de la Vie », un outil participatif et créatif qui permet de représenter un parcours sous la forme d’une rivière. Il visait ici à réfléchir sur la manière de retracer le cheminement d’une personne enceinte victime de violences intrafamiliales, depuis son arrivée aux urgences jusqu’à l’instauration d’une situation plus sécurisante et stable. L’analyse de ce parcours a permis d’identifier les principaux événements, acteur.rices et transitions en jeu. Il a également contribué à repérer les facteurs de risque, les moments clés d’intervention, les collaborations entre professionnel·les et les difficultés rencontrées lors de l’accompagnement.

Les échanges ont par ailleurs mis en évidence les enjeux liés au signalement (qui signale, quand et à qui) ainsi qu’au recueil du consentement. Ils ont souligné l’importance de construire une relation de confiance, de renforcer la coordination entre les acteur·rices du social et de la santé et de favoriser l’accès à des espaces de rencontre, notamment des espaces spécifiquement dédiés aux femmes.

Enfin, les participant·es ont insisté sur le rôle essentiel de la circulation de l’information entre l’ensemble des acteur·rices impliqué·es dans l’accompagnement.

 

 

Lors de ces deux rencontres, un document synthétique recensant les ressources disponibles au sein du Bassin Nord et en dehors pour participer à l’accompagnement de la personne victime de violence intrafamiliale a été créé et enrichi. Son élaboration sera finalisée lors de la rencontre du 15 octobre après quoi il sera mis à la disposition de l’ensemble des acteur·rices du Bassin via le site internet.